Etape - Vélo - Raquettes+Pulka : GRENOBLE (France) - EAUNES (France) du 20/03/09 au 04/04/09 - ARRIVEE

 

À Grenoble, ce fut l'occasion de faire une halte chez Anne et Pascal et leur petit Martin qui a rythmé les deux jours passés ensemble, avant les retrouvailles avec François Arfeux ("papi flingeur") sur Corrençon en Vercors. Au menu, une traversée de 4 jours du plateau du Haut-Vercors (Parc Régional). L'un, attelé à une pulka, l'autre, gros sac sur le dos et inversement. Mais tous deux, raquettes aux pieds ! Le Grand Veymont nous sert de point de repère pour sillonner ce véritable labyrinthe formé de creux et (forcément) de bosses.

Autour du cou, la boussole est de rigueur alors que la météo devient plus ou moins menaçante. Nous restons bloqués au refuge de Pré Peyret (1 600 m) pour cause de tempête. Un coin charmant où nous développons une nouvelle technique pour fendre le bois, à l'aide d'une… pelle bèche ! Ici, l'eau sous sa forme liquide n'existe qu'à 2,50 m sous la neige, au niveau d'une source.

François est un homme calme, il me rappelle, avec 35 ans de plus, mon jumeau qui n'est pas là. Nos expériences mutuelles se complètent pour passer 4 jours de plaisir en pleine montagne, dans un milieu isolé et encore hostile à la sortie de l'hiver.

 

Puis vient le temps de reprendre la route et mon vélo. Jusqu'à l'arrivée, il n'y aura rien eu de fastoche : le vent entre Narbonne et Carcassonne me fait ici pédaler 7h durant à une moyenne de 9,09 km/h... Véridique ! Puis c'est au tour de la boue rencontrée sur le Canal du Midi de me ralentir. Comme si l'arrivée voulait se faire désirer…

Pourtant, j'y suis. J'arrive sur Eaunes. Là, je retrouve mes proches et savoure l'instant. Mon état d'esprit à l'arrivée ? Avec les beaux jours qui arrivent, je me dis que je continuerais bien... pour un autre tour !

Carole et Sylvain pour l'équipe AnKaval

 

Etape - Vélo : CASIER DOSSON (Italie) - GRENOBLE (France) du 01/03/09 au 20/03/09

 

Après un accueil très chaleureux en Italie par la Municipalité et les habitants de Casier Dosson (village jumelé avec le village natal de Nicolas - Eaunes), Nicolas, gonflé à bloc, a enfourché son vélo direction le Vercors. Oui mais… Le Vercors, c'est derrière les Alpes et avant ça, il faut traverser la région du Veneto, de la Lombardie, du Piémont en passant par le Lac de Garde et ses points de vue magnifiques sur les montagnes enneigées, au Nord. Quelle souffrance pour Nicolas, sachant qu'en plus, pour ne rien arranger, de nombreuses pizzas se sont mises en travers de la route…

 

 

Dans l'un de ses (rares et précieux) mails, Nico nous raconte :

" 13 jours de soleil pour moi, du jamais vu. Je suis monté en une journée à Sestriere (2 033 m). Le lendemain, j'ai enchaîné avec le Col de Montgenèvre (1 854 m) puis une descente sur Briançon et une montée du Col du Lautaret (2 058 m). Enfin, descente sur le Lac de Chambon pour me mettre au chaud. Ce fut une grosse journée dont je suis particulièrement fier, surtout fier d'avoir poussé mon vélo dans les portions les plus raides et de ne pas l'avoir envoyé au ravin ".

Carole et Sylvain pour l'équipe AnKaval

 

Etape - Kayak et Vélo : DUNASZEKCSÖ (Hongrie) - CASIER DOSSON (Italie) du 04/02/2009 au 01/03/09

 

 

La descente du Danube en kayak est désormais terminée. La forte pluie rencontrée en Autriche et en Allemagne a transformé ce large fleuve en une mer agitée et boueuse. 607 km après le départ de Nicolas (de Bratislava, rappelez-vous), l'équipe décide de stopper le kayak, aux portes de Belgrade (Serbie). Il était temps car après 25 jours de navigation, des débuts difficiles dans une eau remplie de glace, le Danube commençait à devenir redoutable pour cette petite embarcation. L'objectif que s'était fixé Nico est rempli : parcourir seul et en hiver les 600 km qui le séparaient de Bratislava à Belgrade.

Tout au long du fleuve, il y aura eu des rencontres improbables pour Nicolas. En Hongrie pour tuer le cochon avant de repartir un matin, en Croatie autour d'une table généreuse où les gens auraient donné tout ce qu'ils avaient. À la frontière avec la Bosnie et la Serbie aussi, où l'on sent encore sur les visages les stigmates de la guerre de l'ex-Yougoslavie. C'est ici-même que Nicolas a du abandonné son embarcation.

 

 

 

 " Je peux vous dire qu'un peu partout par ici, les Français ne sont pas les bienvenus. Souvenez-vous, il y a quelques années, les autorités serbes auraient dû prendre toutes les mesures en leur pouvoir pour tenter de prévenir le génocide qui a eu lieu à Srebrenica en juillet 1995 et les autres massacres, au cours duquel les forces serbes de Bosnie ont tué plus de 8 000 musulmans bosniaques. Et l'armée française pendant ce temps ? Et nos politiques pendant ce temps ? De toute évidence, nos généraux et politiciens ne vont pas en vacances dans ces coins d'Europe.

De retour à Bratislava le 27 février, j'ai pu récupérer mon vélo pour me lancer dans une longue descente vers Venise. La traversée de la Croatie et de la Slovénie notamment m'a permis de découvrir un des plus jolis pays d'Europe. Petit pays dont on parle peu, la Slovénie est en effet, comme un écrin de verdure où les routes sillonnent entre les collines et les montagnes… En tous points, magnifique !

 

 

 

Mon arrivée à Venise et plus précisément à Dosson di Casier, village jumelé avec Eaunes, mon village natal, m'a valu un accueil des plus chaleureux. Les batteries chargées, je me dirige désormais vers le Vercors pour réaliser une course à raquettes de quelques jours, en compagnie de mon ami François.

Une nouvelle page AnKaval à suivre…

Carole et Sylvain pour l'équipe AnKaval

   

Etape - Kayak : BRATISLAVA (Slovaquie) - DUNASZEKCSÖ (Hongrie) du 06/01/09 au 04/02/2009

 

 

Le matériel expédié depuis la France début janvier vers Bratislava (Slovaquie) est bien arrivé. Avant de se lancer sur le Danube, Nicolas a pu fait quelques réglages avec son kayak et ses équipements étanches. La vague de froid en provenance de Sibérie, que la France a connu début janvier, est arrivée ici quelques jours plus tôt et a complètement transformé le paysage. En quelque temps, le Danube a gelé en de nombreux endroits et tous les matins précédant mon départ, je vois passer des blocs de glace énormes qui arrivent du Nord.

Le 15 janvier, avec toute l'équipe, nous prenons la décision de ne plus attendre davantage qu'il gèle : je me jette aussitôt dans le grand bain. Dans cet environnement grandiose et hostile (pour rappel, le Danube, c'est 10 fois la taille de la Garonne), où la température de l'eau ne dépasse guère les 5 °C, je sais que je n'ai pas le droit de tomber à l'eau. Même avec ma combinaison et mon gilet de sauvetage, mes chances de survie ne dépasseraient pas les 2 ou 3 minutes, tout au plus.

C'est au deuxième jour de navigation que je me rends vraiment compte de l'immensité de ce fleuve. Il est 15h, et un sentiment de peur et de désespoir s'empare de moi, peut-être aussi en raison de mon manque d'expérience… Je me trouve sur un secteur où le brouillard est si épais que je ne peux même pas apercevoir les berges. À cet endroit, le Danube doit faire plus de 2 km de large, des vagues se forment et j'ai l'impression d'être une coque de noix au milieu de la mer… Avec des bateaux qui jouent les brise-glace. Je décide aussitôt de me rapprocher des berges pour planter mon campement… Je reprends mon souffle et des forces !

 

 

Le lendemain, le contournement d'un barrage gigantesque me prend pratiquement toute la journée. La difficulté n'est pas en soi de le contourner lui, mais de déjouer les bancs de glace formés le long des berges pour trouver un accès direct au fleuve où je puisse embarquer avec le kayak. Au final et après avoir porté à bout de bras mon embarcation sur 2 km, dans les broussailles aux abords des berges, j'arrive à me frayer un chemin. À certains moments, je me dis " comme ce serait facile de (re)faire la même chose en été... Un short et hop, pas de questions à se poser… "

Au final et avec quelques jours de pagaie dans les bras, je commence à réellement prendre du plaisir. Dès que les rayons du soleil pointent leur nez, j'embarque. J'arrive à faire 40 km dans une journée.

J'ai déjà plus de 300 km au compteur et je franchis Budapest, la capitale de la Hongrie. Une ville où le Danube joue le premier rôle en la traversant du Nord au Sud. En passant Budapest, je me rends compte une nouvelle fois, de l'immensité du Danube. De part et d'autre, des murailles de 10 à 20 m de haut se dressent ici et là pour canaliser la puissance du fleuve. Au-dessus de ma tête, des ponts plus imposants les uns que les autres et toujours pas très loin des bateaux avec lesquels je n'ai pas intérêt de rivaliser.

Je trouve en Hongrie une hospitalité et une chaleur humaine extraordinaires. À chacun de mes abordages, je croise des gens adorables auxquels je m'attache toujours un peu plus. Ces gens-là ont peu mais seraient près à tout vous céder. La communauté Rom, que je rencontre également, est tout aussi charmante et sympathique. L'autre jour, j'ai pris une heure pour faire un petit reportage pour la télévision nationale hongroise. J'ai hâte de voir les images, car c'était à la fois assez folklorique et très pro !

Carole et Sylvain pour l'équipe AnKaval

 

Etape : DABROWA TARNOWSKA (Pologne) - STARY SMOKOVEC (Slovaquie) du 10/12/08 au 06/01/09

 

 

Le 21 décembre dernier, pour les fêtes, une partie de l'équipe AnKaval est partie rejoindre Nicolas en Slovaquie. Avec un timing serré pour nous rejoindre en vélo sur Bratislava, il aura fallu à Nico, après 4 mois de cavale solitaire, franchir quelques cols enneigés qui séparent la Pologne de la Slovaquie.

Pour nous, ce fut une joie de retrouver un Nico en pleine forme. 3 mois après nos dernières retrouvailles (à la fin des Pyrénées), le travail de Dame fourchette, les rations quotidiennes de 20 cuillères à soupe de céréales ainsi que les centaines de barres chocolatées englouties ont su lui tenir chaud, entre l'Estonie et la Pologne, où l'hiver a pointé son nez.

 

 

 

Point stratégique de notre voyage, Bratislava, capitale de la Slovaquie, est situé à quelques km de Vienne (capitale de l'Autriche). 2 jours nous auront permis de découvrir le charme fou de cette ville faste et majestueuse. Et aussi, doit-on l'avouer, sa fameuse guitoune à saucisses (les meilleures de la ville selon notre bon vieux Guide du Routard). Les frérots en rêvent encore.

Puis c'est le départ vers le massif des Hautes Tatras : 50 km de long sur à peine 20 de large. Situé sur la chaîne des Carpates, ce dernier offre les sommets les plus élevés de Slovaquie. Un véritable écrin poussé là, presque comme par hasard. Splendide !

 

 

Saisis dès notre arrivée à Strbske Pleso par un petit -18°C sous tente, une nuit blanche pour Carole et Sylvain et pas mal de casse de matériel, nous nous rendons vite compte des limites de notre équipement tandis que celui de Nico passe la nuit sans problème. Pour ne pas rééditer nos exploits, nous nous mettons dès lors à l'abri d'un gîte. Là, depuis la fenêtre, le sommet qui nous fait face (le Slavkovsky Stìt - 2 452 m), attire notre attention (et notre excitation !). Dès le lendemain matin, on est sur ses pentes, crampons aux pieds, direction le sommet (enfin on l'espère), la météo est bonne. 1 500 m de dénivelé plus tard, on est là-haut. On aperçoit l'ensemble du massif des Hautes Tatras ainsi que la grande plaine froide de Poprad où le thermomètre ne dépasse jamais les - 9°C en hiver, de jour comme de nuit.

 

 

 

Quelques jours plus tard, nous remettons le couvert pour tenter ce que nous étions venus chercher ici : le Krivàn (" Le Pic Crochu "), véritable emblème de la Slovaquie. Mais la météo n'est pas du même avis que nous et à tout juste 1h30 (voire 3 heures dans de telles conditions et dans cette purée de pois) du sommet, il nous faut redescendre dans le vent et sous la neige.

Puis vient l'heure de nous quitter… Direction l'aéroport. On fait style de ne pas trop s'attarder, histoire de l'avoir moins amer.

 

 

 

De ce joli périple, nous garderons avec nous l'image d'un rêve en train de se réaliser. Mais aussi celle d'un peuple slovaque qui après avoir connu de grands bouleversements, a su - et sait - relever de nombreux défis (notamment son passage à l'euro au 1er janvier 2009), la Slovaquie fait véritablement partie de ces pays dont on ne parle (presque) jamais mais qui savent au jour le jour nous donner de vraies leçons d'humilité.

 

 

 

Nico attend seul désormais l'arrivée programmée de son kayak (prévue le 15 janvier 2009) et tout le matériel nécessaire à naviguer en eau froide.

Aux dernières nouvelles, le Danube est en train de charrier des milliers de mètres cubes de glace dans sa tourmente hivernale. Une info riche en promesses, non ?

Carole et Sylvain pour l'équipe AnKaval

 

Etape : HELSINKI (Finlande) - DABROWA TARNOWSKA (Pologne) du 11/11/08 au 10/12/08

En l'espace d'un mois (seulement !), Nicolas a déjà pu ajouter 1 500 km à son compteur. Actuellement au sud de la Pologne, il voit se dresser, au loin, les pics acérés de la chaîne des Carpates (les Hautes Tatras). Il sait déjà qu'il devra franchir quelques cols enneigés avant d'atteindre Bratislava (capitale de la Slovaquie).

Comme il a pu nous le dire par écrit, Nico en a terminé avec les forêts immenses de la Finlande : il respire enfin. Par moments, le soleil vient percer les nuages, quand ces derniers ne disparaissent pas pour laisser place aux froides nuits continentales. Traversée rapide de l'Estonie en longeant la mer Baltique. Direction la Lettonie, sous la neige. Ici, les routes goudronnées ont laissé place à des pistes en terre. Puis arrive la Lituanie où la neige au sol reflète la lumière du ciel, offrant un sublime paysage de vastes étendues. Néanmoins, n'oublions pas qu'en cette saison, le soleil disparaît à 15h30, venant noircir ce beau tableau. Autant dire que les soirées sous la tente peuvent vite sembler interminables…  

 

 

Ces trois petits pays que sont l'Estonie, la Lettonie et la Lituanie sont fiers et heureux d'être européens, eux qui nourrissent encore la crainte du gouvernement russe, la guerre… Le communisme d'antan a laissé des cicatrices profondes qui s'effacent certes petit à petit, mais il reste encore beaucoup à faire, notamment en Lituanie. 

 

 

" J'ai été accueilli dans une famille en Lettonie. Ils n'avaient pas grand-chose... En échange de quelques-unes de mes histoires, je suis reparti avec un peu de chocolat, des pommes et surtout des sourires que je n'oublierai jamais. En Lituanie, j'ai quitté une autre famille. Là, pas de sourires mais juste une poignée de main bien franche. Pour moi, ça voulait tout dire ".

 

 

Une vague de froid secoue Nico en Pologne (-17° C au petit matin) avec un vent de face sans discontinuer qui le fait raccourcir un peu les étapes mais aussi prendre le temps de goûter à la gastronomie locale. La soupe ici est une religion, bien évidemment pas au même titre que la religion chrétienne mais une religion tout de même (" flaki " : soupe de tripes, " zurek " : soupe de saucisses…).

Carole et Sylvain pour l'équipe AnKaval

 

 

Etape : JUOKSENKI (Finlande) - HELSINKI (Finlande) du 18/10/08 au 11/11/08

21 octobre 2008, je franchis le Cercle polaire avec toujours des douleurs à une jambe, je tamponne mon cœur au passage de cette ligne imaginaire que les hommes ont tracé sur le parallèle 66°33'39''. À ce moment, il n'est plus question pour moi d'aller plus haut, mon problème à la jambe et la solitude qui me pèse depuis des semaines me pousse à me tourner vers d'autres horizons : la traversée de la Finlande et ses quelques 800 km de forêt. Je décide d'entreprendre une descente de celle-ci de manière lente et progressive. De toute façon, entre la pluie glaciale (permanente), le vent de face qui souffle à 25km/h et le soleil qui se cache derrière un épais amas de nuages couleur cendre, il va m'être difficile d'aller très vite. J'en profite pour retourner une partie du matériel vers la France et entreprends ma descente vers Helsinki, la belle capitale de la Finlande.

 

 

 

Je trouve les gens que je croise dans cette partie Nord de la Scandinavie aussi rudes que le climat. Froids au premier abord mais le cœur terriblement chaud par " l'eau de feu " qu'ils consomment en grande quantité. J'espère que mon colis arrivera à bon port car à l'envoi, le postier était bourré… Ici dans le Nord, je croise des personnes un peu étranges. L'alcool tient chaud du matin au soir, les gens consomment des cachtons pour le sommeil, la fatigue, le stress, ils vont voir un psychologue en moyenne 5 fois par an ( !). C'est certain, le manque de soleil finit par taper sur le système.

Enfin, j'arrive à Jyvaskyla, pour moi me dire que je suis bientôt à Helsinki, c'est comme une étoile, un rêve, sur ma carte. Plus que 300 km.

Hier soir, j'ai dormi dans une cabane en bois équipé d'un poêle, au bord d'un lac en compagnie d'une petite souris qui a chié jusque dans ma gamelle… Quelques heures plus tôt, j'étais sous la pluie et la grêle, en train de réparer une crevaison de la remorque, histoire de faire un peu circuler le sang dans mes doigts.

 

 

Mon quotidien, depuis plusieurs jours, consiste, en milieu de journée, à chercher un emplacement où il n'y pas 20 cm d'eau pour dormir. C'est-à-dire, le plus souvent au bord de la route, sous les abris des stations service. Avec pour berceuse, le ronflement des camions qui font le plein d'essence la nuit… Bien glauque l'endroit, quoi !

J'ai croisé un écureuil obèse (le seul animal que j'ai pu voir en Finlande !) qui avait du mal à se traîner, il faisait ses réserves en prévision du rude hiver. Je suis allé faire un tour dans la toundra avec mes bottes en plastique. On s'imagine, en premier lieu, qu'il est possible de s'y balader, voire y faire une rando, mais c'est quasi impossible. Tu t'enfonces de 15 cm à chaque pas. C est incroyable autant de flotte, la mousse elle fait 30 cm d'épaisseur.

 

 

En résumé, la Finlande est un morceau de mousse posé sur un bloc de granit percé de 180 000 lacs. Une nature omniprésente, avec une population qui a adopté comme couleur locale le " camouflage " de la tête aux pieds… Heureusement qu'il y a le saumon que je déguste tous les soirs dans ma tente avec ses tartines Wasa et du gros sel. Un poisson fumé qui n'a rien à voir avec ce que l'on trouve en France.

Enfin, j'arrive à Helsinki… Il est temps pour moi de m'arrêter quelques jours chez une personne que j'ai eu l'occasion de croiser dans les Pyrénées. Je vais dormir au sec, faire sécher mes affaires, mon duvet, me laver…

Je suis super content d'être arrivé ici, la boucle du Nord est terminée. Prochain objectif à l'horizon : l'Europe de l'Est avec ses températures tout aussi redoutables.  

Carole et Sylvain pour l'équipe AnKaval

 

 

Etape : FILIPSTAD (Su) - JUOKSENKI (Fi) du 21/09/08 au 18/10/08

Le 17 octobre 2008, Nico arrive à Tornio, ville frontière entre le Nord de la Suède et la Finlande, après avoir équipé son vélo de pneus cloutés et de larges pédales (capables de faire tenir de grandes et chaudes bottes). Le projet se dessine de réaliser une montée flash de 1 500 km (aller-retour) vers le Cap Nord, en vélo nordique plutôt qu'en pulka. Et oui, d'après tous les habitants ici, cette pratique offre de bons résultats, même dans 20 cm de neige fraîche.

" La Suède ressemble à une terre préhistorique, j'ai traversé 1 500 km de forêts et de petits lacs, les couleurs sont très sombres, les nuages omniprésents et le soleil à cette période très loin à l'horizon. Ce matin, il fait -10°C au réveil et un poil plus, dans la journée. Ce que je trouve le plus difficile aujourd'hui, après 4 mois de voyage, ce n'est pas tellement l'effort physique et mon mal à la jambe régulier mais plutôt la solitude et cet espèce de froid humide qui vous glace jusqu'aux os et la pluie quasi permanente ".

Après nous avoir retourné 4 kg de matériel, et laissé une autre partie du matos sur Tornio, Nico part donc vers le Cap Nord. Le samedi 18 octobre, il n'est pas loin ! Après de longs mois de périple, voilà une nouvelle étape de franchie : Nicolas arrive au cercle polaire. Un grand moment de son voyage, qu'il va partager, le temps d'un coup de fil, la voix véritablement ensoleillée, avec son frère. Bravo Nico pour cette étape ! 

 Carole et Sylvain pour l'équipe AnKaval

 

Etape : FREDERIKSHAVN (Dan) - FILIPSTAD (Su) du 09/09/08 au 21/09/08

Manque de chance, les 5 jours passés à quai dans le port de Frederikshavn au Nord du Danemark n'ont pas suffi à Nico pour trouver un bateau à voile capable de faire traverser les 85 km qui le séparait de Göteborg.

L'aventure devant continuer sans trop perdre de temps, notre petit convoi non motorisé a pris place à côté des voitures et moto dans les cales d'un gros bateau. L'arrivée sur Göteborg donne l'occasion de s'imprégner de ce qu'est la Scandinavie, en compagnie de Laurence venue de Toulouse pour le ravitaillement en matériel nordique.

Depuis plus d'une semaine, Nicolas a repris la route et les kilomètres défilent au compteur. 100 km/jour avec de surcroît, un joli sac à dos et quelques 14 kg de matos supplémentaire apportés par Laurence… Chapeau, le Nico !

 

 

 

 

 

"Pour prendre des forces, au menu, c'est purée de hareng bien salée et bien grasse avec tartines Wasa®. Ça y est, le froid arrive à grands pas, tous les matins au réveil, le thermomètre indique 0°C. J'ai pratiquement terminé mon apprentissage approfondi du GPS. Il y des lacs tous les 5 km, les couleurs commencent à être automnales. Niveau santé, je vais très bien malgré un genou gauche un peu fatigué…"

 

 

 

 

Le 21/09, à Filipstad (à 350 km de Göteborg), Nico vient de passer une nuit en camping plutôt étrange : "Hier soir, j'ai dormi à proximité des élans, ils n'ont pas arrêté de bramer toute le nuit. Pour celui qui ne sait pas ce que c'est, je peux vous jurer que la bestiole est impressionnante : une tête deux fois comme celle d'une vache ! Ce soir, avec un gars du coin, on va tenter d'approcher les élans en pleine nature. Chhhuuuuutt… ils sont tout près !"

Nico, un peu plus haut tous les jours et avec toujours autant de pensées pour vous tous.

   

Etape : ETRAY (Fr) - FREDERIKSHAVN (Dan) du 20/08/08 au 09/09/08

 

Du 20/08/08 au 23/08/08 : Etray - Gerstheim (All) 62 km - 91 km - 115 km - 110 km / Bricolage de la gamelle et rallonge du tapis de sol. Trois pays en un soir et repas avec Jan. Les jours suivants, je vais enfin trouver du plat. Je ressens le Nord, le soleil est là mais… derrière les nuages !

Du 24/08/08 au 28/08/08 : Gerstheim - Kleinsuntel (All) 110 km - 114 km - 69 km - 132 km - 93 km / Spécialité des lieux : le steak frites. J'ai dormi dans la cour d'une école. Réveil assez tôt, avant l'arrivée des enfants. Le lendemain dans un camping. Il y a une odeur de champignon, ici, le soleil ne pénètre pas souvent le sous-bois. Brrrr, je déteste l'endroit. Et comme d'hab, il pleut, un peu, beaucoup, à la folie, comme dans le Nord. 

29/08/08 : Kleinsuntel - Buchholz (All) 118 km / Je rencontre Tímmon, un Allemand de 20 ans qui va a la plage dans le Nord pour le week-end (petit rappel, l'eau là-bas est à 13°C). Il est parti de chez lui depuis 4 jours et il se tape des journées de 150 - 200 km. Le même que dans " Into the Wild ". Il ne mange rien, il a un sac qui branle devant son vélo et qui pèse trois tonnes, mais il avance… Bravo bravo… Nous passons la soirée ensemble.

 

 

 

 

 

 

 

30/08/08 : Buchholz - Bilsen (All) 116 km / Traversée de Hamburg (grande ville) en vélo c'est plutôt pas anodin, une petite bière avec Timmon pour le temps des adieux (il pédale tout seul depuis 4 jours, et moi depuis 10 jours). Nous n'allons certainement jamais nous revoir, mais ces deux jours avec lui, c'était super.

31/08/08 : Bilsen - Friedrichstadt (All) 116 km / Journée générosité pour les gens que je croise : une dame m'offre une bouteille d'eau gazeuse, puis elle me prend en photo (quelques jours plus tard, je découvre un article qu'elle a publié dans la dépêche locale).

Du 01/09/08 au 03/09/08 : Friedrichstadt - Humlum (Dan) 128 km - 116 km - 78 km / Passage de la frontière, enfin. Pour tout dire, j'en avais par-dessus les mollets de l'Allemagne !, le lendemain, vitesse moyenne : 23,52 km/h. Le soir, je m'accroche la "Gold" médaille autour du cou et je plante la tente sous la pluie. le jour suivant, dans un bar, j'essaye d'apprendre quelques mots en danois : Hello = " Goddag " / Goodbye = " Farvel " / Thanks = " Tak " - Ici c'est impossible de comprendre un seul mot. Du genre : " rwahouiowaisladin eleleleinshavn " !

04/09/08 : Humlum - Brovst (Dan) 130 km / Difficile de trouver à manger aujourd'hui. Je tombe sur un resto italien, je fonce et je m'avale un plat de pâtes, suivi d'une pizza, mon seul repas de la journée.

Du 05/09/09 au 09/09/09 : Brovst - Frederikshavn (Dan) 89 km / Première crevaison avec la remorque, j ai roulé quelques km comme ça, sans m'en rendre compte. J'égare mon drapeau français, je découvre sous la tempête le port de plaisance et je m'informe des départs pour Göteborg en bateau, au cas où le passage serait impossible à la voile… (ce que je n'espère pas, of course). Et depuis 4 jours, je suis toujours à quai, je campe sur le port de plaisance, c'est quand même le grand luxe : des sanitaires, une machine pour laver et sécher le linge et même des douches ! Ce matin, j'ai changé la chaîne du vélo. Il faut qu'il me pousse encore quelque 6000 km plus loin.

Carole et Sylvain pour l'équipe AnKaval

 

Etape MENDE - STRASBOURG du 11/08/08 au 22/08/09

Depuis Banyuls sur Mer, les kilomètres défilent au compteur. Des journées entre 60 et 135 km à vélo, à tracter 20 kg de matériel. Petit passage par Millau et sa truffade déshydratée (on en rêvait, les industriels l'ont fait). Après le col de la Croix de Bor à 1431 m, Nico prend la décision d'ajouter un pignon arrière et de passer en 30 x 28, afin de ne plus poser pied à terre dans les grosses montées. Nuit à Saint-Bonnet le Froid… qui ne porte pas ce nom pour rien… Ici, nous sommes le 13/08, et c'est déjà l'hiver.

" Je croise un villageois d'une cinquantaine d'années, qui me dit que dans l'Ardèche, les orages ça bombarde (il y a des morts tous les ans sur les chemins). Vous verrez, me dit-il, les arbres sont partagés en deux sur la route que vous voulez prendre. Et ce jour-là, le temps est de plus en plus orageux, brr brr… J'en frissonne ! Alors je me déroute sur un autre itinéraire. En plus, il me donne des conseils précieux sur les dénivelés pour rejoindre Annonay (passage par le Puy en Velay). Effectivement, c'est moins chiadé sauf que sur plus de 15 km, je me retrouve sur une route pour automobiles (je ferme les yeux sur le panneau interdiction au deux roues non motorisés). Dans ma tête, mon vélo, ce n'est pas un vélo comme les autres, c'est une grosse moto où j'ai enlevé le moteur… Car mon moteur, je l'ai logé dans mes cuissous… Alors il n'y a pas de quoi en faire un fromage, je m'engage sur la route ! Petite frayeur : si les flics m'embarquent, comment vais-je leur expliquer qu'il n'y a pas de problème pour les suivre au poste mais en vélo uniquement ?! "

Direction Clémencey, près de Dijon pour faire une soirée récup autour d'une bonne tartiflette chez François (que Nicolas a rencontré dans les Pyrénées) et Evelyne. Petit tour de la famille (Équevillon, Étray) et récupération d'un premier colis de matériel. Gastronomie jurassienne au programme après chaque journée, de quoi remettre le bonhomme d'aplomb en moins de deux.

Petite remise en état du vélo et confection d'un tapis de sol sur mesure (c'est que les formats standards dans le commerce, y sont un peu trop juste pour les 1,90 m de Nico qui va affronter la neige, le grand froid avec des températures frôlant parfois les - 40°).

Le lendemain, c'est parti, direction la ville suisse de Bâle (" Basel " en allemand).

À ce jour, nous n'avons pas le tracé exact de Nico, mais il a été aperçu dans la même journée en Suisse, puis en Allemagne puis en France et enfin en Allemagne. Comment est-ce possible ??? Simplement parce qu'il se déplace le long de la frontière franco-allemande. En profitant au passage pour mettre le tablier chez Jan et Ana sur les hauteurs de Basel : " Nous avons fait la cuisine à deux avec Jan. Ce dernier a tenu à me faire une spécialité : des saucisses grasses de Nurember, c'était très bon ". Certainement meilleur que les portions de lyophilisé, pas vrai ?

Aujourd'hui, Nico a passé Strasbourg. Il se dirige vers le nord de l'Allemagne pour ensuite passer le Danemark.

À suivre donc…

Carole et Sylvain pour l'équipe AnKaval

 

Etape : BANYULS SUR MER - MENDE du 04/08/08 au 11/08/08

À partir de maintenant, il va nous être plus difficile de vous narrer les avancées de Nico en mots et en images. En effet, le temps des ravitaillements (et des séances photo ;-) est révolu, place désormais aux vieux bons contacts téléphoniques avec ledit intéressé.

Aussi, aux dernières nouvelles, Nico était au niveau de la ville de Mende, toujours heureux (oui, oui, le sourire, ça peut aussi se lire par téléphone) même si ce n'est évidemment pas de tout repos (et puis quoi, encore...).

" Les montagnes sont maintenant derrière moi, avec quelques 8kg en moins et une bonne fatigue, mais la motivation est intacte et même encore plus forte ", souligne Nico qui, selon ses propres mots, se refait une santé en vélo : " Je me refais une santé en vélo car je m'accorde 3 GROS repas par jour plus une douche le soir dans un camping sur la route et je pense que j'ai déjà repris quelques kg !".

 

 

Pour arriver à Mende, Nico a remonté de Banyuls sur Mer jusqu'à Narbonne. Puis ensuite, il a traversé le plateau du Larzac dans des conditions éprouvantes jusqu'à Millau. " Hier dans le Larzac, le vent a soufflé en pleine face du matin au soir... J'ai fait une moyenne de 13,5 km/h pour la journée... Du délire ! J'ai fait du sur place ! Mais heureusement, au bout de la journée, j'avais 85 km de plus au compteur ".

Et de nous faire rire au téléphone : " Sur les plateaux de José Bové, ça souffle bien. Je pense même qu'il serait possible de faire un AOC "vent du Larzac" et de commercialiser des bouteilles en verre avec du vent du Larzac dedans "... Sacré Nico !

Carole et Sylvain pour l'équipe AnKaval

 

Bivouac : COL DE PUYMORENS - BANYULS / MER du 28/07/08 au 03/08/08  

"Le dimanche 3 août, elle est enfin là, tout près… Encore 30 km de marche sous un soleil de plomb pour retrouver la grande Bleue. Jérôme, un ami de longue date, me rejoint dans le centre-ville de Banyuls sur Mer, succédé par Carole et Sylvain qui viennent me ravitailler une dernière fois".

Les retrouvailles se font autour d'un copieux repas. Une nouvelle fois, Nico engloutit les denrées qu'on lui a amené à bord de notre super glacière orange flashy (oui, oui, tout est question de style)… Nous rigolons à bâtons rompus car Nico ne s'est pas lavé durant ces 5 derniers jours de marche et comment dire, ça se sent… Pour un peu, on pourrait croire que Nico a monté un élevage de mouches. " Je ne supporte plus ma propre odeur " renchérit-il.

Le repas pris et le choix du couchage effectué, direction la plage. " Enfin j'y suis, je fonce dans l'eau tout habillé. Tout change. Ici, en quelques secondes, je réalise. Tu passes de la protection 40 à l'huile de Monoï, de 1 à 1000 personnes au mètre carré, ça sent les vacances pour beaucoup, et c'est plutôt agréable ".

Nico va prendre 1 jour pour se reposer, tenter de reprendre les quelques kilos qu'il a perdu et surtout se laver. (Il aura finalement fallu, sans blaguer, un trempage du Nico tout entier et tout habillé dans le mer pendant ½ heure pour arriver à éloigner le nuage de mouches, devenu pendant ces dernières heures, un fidèle compagnon).

 

 

 

 

 

 

Avec Jérôme, Nicolas va rouler quelques jours pour remonter vers Narbonne. La paire de chaussure usée est troquée contre le vélo, le sac à dos contre la carriole. Tout le matos est soigneusement vérifié. Théoriquement, c'est la dernière fois que nous voyons Nicolas avant son retour sur Toulouse dans un peu plus de… 10 mois. Le reste de la logistique sera désormais uniquement assuré par colis.

La nuit est tombée sur Banyuls sur Mer. Les préparatifs terminés, le parcours étudié, les dernières recommandations effectuées. Nous quittons Nico avec une certaine émotion. Nous rentrons sur Toulouse avec Sylvain, le cœur lourd mais une nouvelle fois, heureux, les yeux déjà rivés vers la Scandinavie.

" J'ai deux mois pour rouler et récupérer avant le grand Nord. Les Pyrénées sont derrière. Une page de mon expérience AnKaval se tourne. De cette première partie de périple, ma motivation en sort encore plus grande. Dans ma tête, je suis déjà là-bas. Qu'on se le dise… Cap au Nord ! "

Carole et Sylvain pour l'équipe AnKaval / Ravitailleur associé : Jérome NECTOUX

 

Bivouac : PORT DE BONAIGUA - COL DE PUYMORENS du 26/07/08 au 28/07/08

Dernier (et pas des moindres !) ravitaillement dans les Pyrénées au dessus du fameux Pas de la Case. L'équipe de logistique se voit élargie le temps d'une journée (sam 27/07) avec la venue de la famille proche de Nico et d'un couple de collègues de travail. Merci à eux pour leur présence et leur soutien. Partage de repas et d'anecdotes, échanges de conseils et de sourires, l'heure est au repos et à la reprise de forces pour Nico (500 g de pâtes, un Yop entier, un jus d'orange, du saucisson… tout cela avalé en quelques minutes à peine : impressionnant !). Chacun y va de son oreille pour écouter l'intéressé nous narrer ce qu'il a retenu de ses premières semaines de voyage.

La famille et les collègues repartent, la soirée tombe sur la vallée. Nous décidons de rester au Col de Puymorens (pas vraiment joli comme endroit, c'est vrai mais c'est plus sûr et il est déjà tard) pour passer la nuit, car les nuages sont menaçants. Lecture des mails pour Nico, point carte, point logistique, bonne bouffe et cap sur le dodo.

 

 

 

C'est qu'il reste encore 9 étapes à Nico pour arriver à Banyuls sur Mer et donc finir son périple pyrénéen. Nous nous quittons donc dimanche au petit matin (lever 6h30), Nico est en pleine forme après ce plein - bienvenu - de calories et de sourires chaleureux. D'autant que l'orage nous a épargné.

Dans la journée, le temps est lourd et l'atmosphère très chargée. Plusieurs orages ont déjà éclaté aux alentours. Il faudra donc abandonner l'ascension du Puig Carlit (2921 m) car l'atmosphère devient vraiment trop électrique. Tanpis, Nico se rattrapera sur celle du Canigou dans quelques jours.

 

Grâce à l'aide logistique de Anne et Pascal, Nico profite d'une vraie nuit et d'un vrai repas, en redescendant dans la vallée pour se refaire une santé (à l'énergie de sa voix au téléphone le lendemain, Nico en sort heureux et une nouvelle fois touché par toutes ces attentions du grand " cercle " que représente la famille, les amis… encore merci à vous tous, Nico se sait entouré, et à chaque attention particulière ou marque de soutien, il reçoit une nouvelle poussée dans le dos pour continuer). Le lendemain, départ en vélo sur une toute petite portion afin de gagner un peu de temps. Dans la même journée, Nico enchaînera avec de la marche pour continuer sa course vers la Mer Méditerranée.

Carole et Sylvain pour l'équipe AnKaval

 

Bivouac : LAC DU PORTILLON - PORT DE BONAIGUA du 14/07/08 au 25/07/08 

12 jours de marche depuis le dernier ravitaillement, de quoi avaler les plus grosses difficultés.

Les amoureux de la montagne vous diront les avoir déjà croisés : Balaïtous, Grande Fache, Vignemale, Piméné, Gourgs Blancs, Spijeoles, Perdiguère, Crabioules… autant de sommets à plus de 3000 m. Sans oublier, côté espagnol, les mythiques Posets, Maladeta et Aneto.

Avec un été aussi " doux " que celui que nous pouvons connaître, les passages enneigés sont nombreux mais marcher tôt le matin offre une bonne portance. Ce qui permet d'avancer rapidement.

 

 

Avec des sommets souvent assez acérés, l'orientation pour le passage des cols demande la plus grande réflexion, surtout quand l'on est seul et que le mauvais temps souvent menace dans l'après midi, imposant, par moments, des replis forcés vers les refuges les plus proches.

Enfin voilà l'heure du 3e ravitaillement pyrénéen… A savoir que pour rejoindre la vallée et faire le plein de nourriture, Nico fait une petite marche de 24 km (rien que ça !).

" Que du bonheur depuis 15 jours ! Seul souci : l'alimentation trop pauvre côté espagnol avec un manque important de sucres lents, une alimentation trop riche en protéines, viande et charcuterie qui ne me nourrit pas… Je n'ai pas mes 4000 Kcal par jour, je ne stocke pas, je le sens… Au prochain ravitaillement, je fais le plein de sucres lents et d'huile d'olive (ndlr : aliment le plus riche pour l'être humain) ".

Portable rechargé, nouvelle batterie pour le caméscope… On refait le plein ! (mais pour les jambes, on garde les mêmes !) Nous accompagnons Nico pour une demi-journée de marche mais il nous est difficile de tenir la cadence. Il se retourne régulièrement et passe son temps à nous attendre, dans les montées, dans les pierriers, dans les descentes… Nous décidons de bivouaquer ensemble à 2400 m sous un beau ciel étoilé. Mais plus tard dans la nuit, la météo a décidé de s'amuser un peu… La tempête arrive. L'orage et la pluie se déchaînent toute la nuit. Pas de casse certes mais juste très impressionnant lorsque vous y êtes dedans. Là, vous vous faites tout petit et tentez de dormir quelques heures…

Ce ne fût pas le ravitaillement le plus calme avec en prime des hordes de milliers de moustiques venus d'Espagne (non, non, " hordes ", le mot n'est pas trop fort…) qui ne doivent pas souvent voir passer un morceau de viande dans le coin. Résultat : des dizaines (pour le coup, le mot est faible…) de piqûres partout… Du jamais vu, nous nous serions crus dans la toundra sibérienne au dégel. Nous laissons Nico le lendemain matin, direction plein Est avec des étapes remplies de pierriers… Dur mais le loustic tient le cap, toujours plus que motivé. Petite confidence tout de même, il paraîtrait qu'il lui tarde de voir la Mer Méditerranée… Etonnant, non ?!

Carole et Sylvain pour l'équipe AnKaval

 

Bivouac : GAVARNIE - LAC DU PORTILLON du 07/07/08 au 14/07/08

 

Nous n'avions pas de nouvelles de Nicolas depuis 5 jours, date de son dernier coup de téléphone. Là, souvenez-vous, Nico nous avait littéralement impressionné : Nous l'avions quitté le dimanche au Parking de l'Anéou - 1710 m (col du Pourtalet). Le mercredi soir (9/07), il était déjà à Gavarnie. Et jusqu'à hier soir, jour de fête nationale, plus de nouvelles de la part de Nico... grrr. Marchant entre la France et l'Espagne, nous savions qu'il était probable que son portable ne capte pas et qu'il ne pouvait donc donner des nouvelles. Hop, renversement de situation hier soir : Sylvain a reçu un appel d'un couple de randonneurs chargés par Nicolas de nous appeler à la descente du Portillon pour donner des nouvelles. Nicolas va bien ! C'est juste que son portable n'a plus de batterie... Le filou... Pour un peu, on se serait inquiétés....

 

 

Mais bon, nous aussi, si on avait pas oublié de lui amener son chargeur lors du dernier ravitaillement dans les Pyrénées... Et pardi... Hum, hum, personne n'est visé... (bon heureusement, le frérot, il avait pas oublié de lui ramener de quoi se raser et un caleçon propre... On a limité la casse)

Carole pour l'équipe AnKaval

 

Bivouac : PIC DU MIDI D'OSSAU - GAVARNIE du 07/07/08 au 09/07/08  

Le rythme s'accélère...

Celui du coeur, des jambes et surtout l'envie de voir pointer la Mer Méditerranée à Banyuls/Mer. Encore 3 étapes bouclée en 2 jours, Nico est à Gavarnie le mercredi 9 juillet 2008 après avoir chaussé les crampons à deux reprises pour passer des cols enneigés (le climat a la bougeotte cette année). Nico a pu lire tous vos mails au précédent ravitaillement et s'excuse de n'avoir encore pu répondre à tous vos messages de soutien mais il vous remercie pour chacun des petits mots qu'il a la chance de lire...

Carole et Sylvain pour l'équipe AnKaval

 

Bivouac : SAINT JEAN PIED DE PORT - PIC DU MIDI D'OSSAU du 01/07/08 au 07/07/08

3 jours d'arrêt forcé à Saint-Jean Pied de Port (64) pour cause d'insolation, voilà l'occasion pour Nico de recharger les batteries, se réalimenter et se réhydrater correctement. Les jours qui vont suivre, Nico se sent mieux. La forme physique commence à largement reprendre le dessus. En 5 jours, il boucle l'équivalent de 7 étapes pour rallier Saint-Jean Pied de Port au Pic du Midi d'Ossau (64), point d'arrêt pour le deuxième ravitaillement. Là, Nicolas va prendre une douche, faire le plein de nourriture lyophilisée, troquer son sac de 2,9 kg contre un de 1,1 kg et emporter l'excellent saucisson que Manu lui a apporté.

" Durant ces 15 derniers jours, j'ai marché des journées sous la pluie ou par un grand brouillard, ce qui rendait les conditions, pour moi, presque plus agréables pour me protéger du soleil. En revanche, la brume très épaisse sur les sommets en début d'après midi m'a souvent conduit à changer d'itinéraire et redescendre un peu dans les vallées pour pouvoir continuer d'avancer sans me perdre ".

 

 

 

 

 

 

  

 

 

L'itinéraire prévu uniquement par la HRP est donc mixé avec un peu de GR 10 pour permettre, par moments, de continuer à avancer tout en évitant les zones de brouillard trop épais. Nicolas laisse désormais derrière lui un parcours qui croise celui de centaines de pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle au niveau du Col de Roncevaux, véritable autoroute pyrénéenne. " Le Pays Basque, avec ses collines pour certaines perchées à plus de 2 000 mètres d'altitude (Pic d'Annie, Pic d'Orhy), ses vaches, son fromage de brebis (AOC - "Ossau Iraty" fait à 100 % de lait de brebis), son piment d'Espelette qui agrémente TOUS les plats que l'on peut manger en montagne et ses dizaines de palombières faisant office de véritables gardes frontières sont désormais derrière moi".

" La partie la plus longue des Pyrénées est maintenant terminée, il me reste la partie la plus difficile : une dizaine d'étapes dans les Hautes-Pyrénées avec de nombreux sommets à plus de 3000 m et des cols pour certains encore enneigés".

Carole et Sylvain pour l'équipe AnKaval / Ravitailleur associé : Manu

 

Bivouac : HENDAYE-ST JEAN PIED DE PORT du 21/06/08 au 01/07/08

Après avoir passé les trois premiers jours à arpenter le Pays Basque avec des moyennes de 20 km de marche et plus de 1400 m de dénivelé par jour, Nicolas vient de tomber malade. Une insolation importante due à une mauvaise protection contre le soleil, et cela, malgré une hydratation régulière. Les deux jours d'arrêt qu'il s'est accordé les 24 et 25 juin n'auront pas suffi à le remettre sur pied puisqu'au lendemain d'une étape de 12 heures (avec 1500 m de dénivelé !), les symptômes de l'insolation sont toujours là. Le samedi 28 juin, Nicolas fait le choix de renvoyer une partie du matériel qui le surcharge et de consulter un médecin. Le mardi 1er juillet, il sera normalement sur pied pour reprendre la route... Le moral est toujours bon, mais il semble évident que l'adaptation de l'organisme à l'effort nécessite un peu de temps pour s'habituer aux conditions en extérieur (soleil omniprésent et humidité réduite en montagne). Dans cette marche en montagne, Nicolas va donc devoir réadapter un rythme différent de celui qu'il avait en vélo. Un départ tôt le matin (5h – 6h max.) et des pauses à l'ombre entre 13 h et 16 h s'avèrent être des conditions indispensables pour faire redescendre la température du corps. Tout comme s'hydrater la tête très régulièrement ou manger des pastilles de sel pour lutter contre la déshydratation. Des points essentiels pour sortir des Pyrénées car il reste encore 40 étapes ! Un ravitaillement est normalement prévu les 6 et 7 juillet 2008 au pied du Pic du Midi d'Ossau (64). L'occasion de vous faire suivre quelques photos et commentaires...

A très vite...

Carole et Sylvain pour l'équipe AnKaval

  

Bivouac : EAUNES-HENDAYE du 15/06/08 au 20/06/08

 

 

Nico. est parti de Eaunes le 15 juin 2008 et après avoir traversé le Gers et les Landes, il arrive à Hendaye dans le Pays Basque. L'océan est enfin en vue. 450 km dans les jambes et 24h de repos, le temps d'échanger le matériel : vélo et carriole contre un sac à dos de 24 kg. Le temps est électrique, le début du sentier de la HRP n'est pas simple à trouver pour attaquer la première étape pyrénéenne.

Transition délicate avec cette journée de 12h de marche.

 

 

 

"6l d'eau plus tard, la Rhune est derrière moi, j'ai un peu cafouillé à la descente car j'me suis perdu pendant 2h. Bref, pas le top. il s'annonce des orages et de la pluie pendant deux jours, il va falloir passer ça, sans trop de risques. J'ai pu lire vos messages d'encouragements, merci , ils m'aident à mettre un pas devant l'autre.”